CHARGEMENT

DAY DREAMING / NIGHT CLUBBING

96 pages

Dimensions : 31 cm x 25 cm

Photographie : Philippe Morillon

Textes : Pierre Bergé, Philippe Morillon

Conception graphique : Les Graphiquants

25 photographies inédites de Philippe Morillon


Édition limitée à 140 exemplaires :

70 exemplaires signés, numérotés de 1 à 70 / Prix public : 75€

30 exemplaires de tête signés, numérotés de I à XXX (incluant un tirage argentique18x24 cm signé, numéroté de l’image « Andy Warhol, Bianca Jagger et Thomas Amann, Paris, 1982 ») / Prix public : 650€

40 exemplaires deluxe signés, numérotés de A1 à A40 (incluant un tirage argentique 13x18 cm signé, numéroté de l’image « Mick Jagger et Jerry Hall au Palace, Paris, 1978 ») / Prix public : 260€



Voir une photographie de Philippe Morillon c’est se plonger dans les « années Palace » comme on les a appelées. Mais ce n’est pas que cela. Dans les mains de Philippe, l’objectif cesse d’être objectif. Son œil sait faire le tri et débusquer l’essentiel. Avec la rapidité des prédateurs, il capture l’instant et ne conserve que l’indicible.

Apprivoiser le temps, le fixer avant qu’il ne s’envole est le rêve de tout artiste. Philippe Morillon est passé maître dans l’art d’attraper au vol, avant qu’elles ne tombent dans l’oubli, les émotions les plus fugaces.

Revoir une photographie de Philippe Morillon des années plus tard, c’est faire le seul voyage qui vaille : celui qui mène au centre de la mémoire et du temps.

Pierre Bergé




Extrait du journal de Philippe Morillon (vendredi 10 juin 1977)

Longtemps, je me suis levé assez tard. Je n’ai jamais aimé les réveils qui sonnent, et ce vendredi 10 juin 1977, huit jours avant mon anniversaire, lorsque je m’éveille, il est au moins midi et j’ai la gueule de bois. Midi, ce n’est pas si tard dans le fond, j’en connais dans la bande qui se lèvent à quatre, cinq heures de l’après-midi, ou plus encore. Pauvre Marcel…

La veille, j’étais sorti au Club 7 avec François qui souhaitait exhiber sa nouvelle coiffure punk, réalisée en fin d’après-midi avec l’aide de Marie-Hélène dans la salle de bain : une décoloration totale, un platine semblable à celui d’Edwige, très à la mode en cette fin de printemps. L'avantage avec le punk, c'est que c'est facile et pas cher, pense François. Inutile d’aller chez un coiffeur, on trouve tout le matériel pour quelques francs au Monoprix du boulevard Sébastopol. Évidemment, il a fichu un souk terrible dans la salle de bain. Après avoir cru qu’avec de l’eau de Javel il obtiendrait de bons résultats (je ne sais pas quelle folle méchante a pu lui souffler cela dans l’espoir d’une belle catastrophe… enfin plutôt oui, je devine qui, mais je ne le dirai pas), François a opté pour la chimie. Ma serviette est fichue, mais l’effet jaune-paille est très réussi. Il est ravi !

Philippe Morillon