CHARGEMENT

MONTS PERDUS

Jean-Michel Fauquet

17 images

24x33cm

36 pages

Couverture souple

En collaboration avec La Galerie Particulière

Design : Magali Brueder, Les Graphiquants

Edition limitée à 300 exemplaires

65€


L’énigme est exigeante.
Chaque œuvre est une antichambre, un lieu d’attente où patiemment nous sommes désirés. Notre lecture secrète et personnelle de l’œuvre, notre conversation avec elle et notre face-à-face avec nous-mêmes en font une oeuvre unique, car enrichie et renouvelée par la multitude des décryptages possibles. Chaque œuvre est une projection de l’ailleurs que produit la pensée, l’imaginaire et le désir de chacun. L’œuvre devient une résistance au concept et au temps. Car l’œuvre nous convoque, au présent afin que nous nous livrions pleinement à l’observation et au dialogue.

A tous Jean-Michel Fauquet donne à voir la nécessité suprême de l’artiste à faire advenir des formes.  Le travail de fabrication de celles-ci par une succession de pratiques plastiques (le dessin, la sculpture, la peinture et la photographie) est pour lui ce que le langage ne permet pas d’exprimer. Les formes insolites (sculptures) se confrontent aux territoires ordinaires (paysages) et aux mondes ébauchés (dessins) afin d’invoquer le hors champ. L’important se joue ailleurs.  Jean-Michel Fauquet cesse « de travailler la photographie lorsqu’elle effleure le réel ».  Et si André Breton disait « cesser de me désirer ailleurs »,  Jean-Michel Fauquet désire, lui, constamment l’ailleurs. Le nôtre peut-être. Du moins celui où chacun module librement son propre accès au monde.

Son monde à lui, Jean-Michel Fauquet l’élabore comme une réalité alternative dans un véritable laboratoire de recherches formelles et techniques. La création s’y fait dans l’effort. L’implication y est totale. Qu’il s’agisse de prises de vue à la chambre, de tirages argentiques sous agrandisseur qu’il développe lui-même et réhausse à l’huile, à la cire ou de la fabrication de formes sculpturales à partir de matière première ordinaire, l’atelier devient l’arène d’une lutte fraternelle et solitaire pour faire advenir une forme, une tension, un univers dans la plus grande exigence artistique. Car, si la construction de la forme ou l’élaboration d’une mise en scène font partie intégrante du processus de création, l’univers de Jean-Michel ne finit pas là, il commence ici.

Jean-Michel Fauquet nous donne l’idée d’un endroit, le début d’un récit où l’essentiel n’est peut-être pas tant dans l’évasion que dans une rencontre sereine avec la réalité.


Audrey Bazin (Directrice de La Galerie Particulière)